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Me voilà bien embarrassé maintenant ! Je vais↩
avoir l'air d'un vil flatteur si je vous dis tout ce que je↩
pense de votre livre. J'aurais dû m'y prendre plus tôt. Mais↩
je ne pensais pas du tout au prix Goncourt : je croyais↩
avoir le temps. Je lisais à petites gorgées, et je me↩
disais qu'il me faudrait des vacances pour vous écrire↩
tout ce que vous me suggérez1. Tant pis ! Puissent↩
ces quelques mots courts vous suggérer tout ce que↩
je pense de vous et que je résume encore : je suis content,↩
comme je ne l'ai jamais été depuis l'invention de ce prix.
Je vous admire comme vous le savez et je vous aime↩
comme vous ne vous en doutez pas.
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27 rue des Vignes
13 décembre 1919
Cher Monsieur,
Me voilà bien embarrassé maintenant ! Je vais avoir l'air d'un vil flatteur si je vous dis tout ce que je pense de votre livre. J'aurais dû m'y prendre plus tôt. Mais je ne pensais pas du tout au prix Goncourt : je croyais avoir le temps. Je lisais à petites gorgées, et je me disais qu'il me faudrait des vacances pour vous écrire tout ce que vous me suggérez1. Tant pis ! Puissent ces quelques mots courts vous suggérer tout ce que je pense de vous et que je résume encore : je suis content, comme je ne l'ai jamais été depuis l'invention de ce prix.
Je vous admire comme vous le savez et je vous aime comme vous ne vous en doutez pas.
Très à vous
René Boylesve.
- 1.
- Selon le témoignage de René Boylesve dans
le numéro d'hommage à Proust de la Nouvelle revue française («
Premières réflexions sur l'oeuvre de Marcel Proust », 1er janvier 1923, p. 109-116),
il fut longtemps rebuté par l'écriture de Proust, et ne lut complètement aucun de
ses livres jusqu'à l'été 1922, lorsqu'il fut conquis, après avoir lu une étude de
Charles Du Bos. [CSz]